VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME COMMISES PAR LES WAZALENDO

DECLARATION RELATIVE AUX

VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME COMMISES PAR LES WAZALENDO

EN VILLE DE BUTEMBO ET ALENTOURS

Butembo, le 31 décembre 2025

Introduction

Période concernée

La présente Déclaration concerne la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2025.

Choix de la zone concernée

Les violations dénoncées dans la présente Déclaration se sont produites en ville de Butembo et ses environs, parce que les Wazalendo ont installé leurs positions aux entrées Sud, Ouest, Est et Nord de la ville (plus ou moins 15 km autour).

Pourquoi parler de « violations des droits de l’homme » ?

COLIBRI RDC considère que les actes et faits des Wazalendo constituent, sans aucun doute, des violations des droits de l’homme, en raison de :

  • Ils exercent des prérogatives de puissance publique par (et avec) l’habilitation expresse de l’État congolais
  • Le gouvernement congolais les considère comme des Volontaires pour la défense de la patrie, ou comme faisant partie de sa réserve armée
  • A ce titre, et sans s’en cacher, le gouvernement congolais les prend plus ou moins en charge, et désigne même les personnes chargées de leur coordination
  • Cela est largement documenté, notamment par le Groupe d’Experts sur le Congo

Bref, les Wazalendo sont assimilés aux FARDC, et à ce titre, leurs actes sont imputables à l’État congolais.

  1. Groupes armés installés en ville de Butembo et alentours

Depuis la résurgence et l’avancée du M23 bis, l’État congolais a mobilisé de nombreux groupes armés qu’il venait, par l’Ordonnance du 3 mai 2021, de s’engager à neutraliser. A ce jour, on y compte actuellement une vingtaine de groupes armés, notamment :

Bana ba lamukaBTKBwegheraCLITOKAFAR/LetekiFAR/LoveFAR/WGuépardsKalinda MatuKasindienKasumbiraLéopardsMADPCMai-mai MuholaMai-Mai VérandistesOrphelins des massacresPAVIMRNLUAPC/Article 63/64UDEOUPLCVurondoBana ba tesekaGecocha
  1. La responsabilité est inévitable

Les nombreuses violations dont les Wazalendo se rendent coupables aujourd’hui et demain engagent :

  • La responsabilité de l’État congolais pour les raisons susmentionnées ;
  • La responsabilité pénale individuelle de leurs auteurs : comme pour Roger Lumbala qui vient d’être condamné plus de 20 ans après la commission des faits, les auteurs des graves violations des droits humains et du droit des conflits armés doivent savoir que tôt ou tard, ils en répondront devant la justice. Personne ne va l’oublier, surtout pas les victimes.
  • Principales violations des droits de l’homme constatées

Depuis leur installation dans et autour de la ville de Butembo, les membres des groupes armés prénommés se sont illustrés par une longue série de violations des droits de l’homme, avec la tolérance des autorités militaires. En 2025, ils se sont particulièrement illustrés par des violations aux droits de l’homme ci-après :

  1. Droit à la vie

Le cas le plus emblématique est sans doute le meurtre de Rosette Vyaghula, une étudiante de l’ISTM, fauchée par une balle à Musimba dans l’après-midi du 13 novembre 2025, alors qu’elle rentrait des cours.

Ce grave incident est intervenu dans un contexte d’installation de certaines positions de ces miliciens dans les abords des établissements sanitaires et académiques. Il sied de noter que, dans la concession de l’Université Catholique du Graben également, et particulièrement non loin des Cliniques Universitaires, divers groupes armés ont successivement installés leurs positions, mettant ainsi en insécurité ces établissements fondamentalement civils.

  • Droit à la liberté individuelle

A partir de leurs différentes positions, les divers groupes armés procèdent aux arrestations et à la détention des citoyens. Nous avons dénombré des dizaines des cas de détention, parfois dans des conditions indignes, et parfois donnant lieu à des actes de torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants.

  • Droit de propriété

Erigées avant, de nombreuses barrières ont été installées par différents groupes armés sur les axes d’entrée de la ville. Il s’agit notamment des axes ci-après :

  • Route Butembo-Kyondo
  • Route Butembo-Bunyuka
  • Route Butembo-Muhangi
  • Route Butembo Lubero
  • Route Butembo-Manguredjipa et sur d’autres axes principaux et secondaires.

Ces barrières sont des lieux de tracasserie, où des citoyens sont contraints de payer des sommes variables, selon les axes et le moyen utilisé, et parfois selon l’humeur des éléments postés à la barrière.

  1. Recommandations
  2. Une politique cohérente et murement réfléchie d’encadrement des jeunes armés et encadrés comme faisant partie de la réserve armée de la défense
  3. Un cantonnement de ces miliciens devenus semeurs de l’insécurité et auteurs des diverses violations des droits de l’homme
  4. Une politique de désarmement et démobilisation qui soit efficace
  5. L’activation de la justice pour les nombreuses bavures attribuées aux miliciens dits Wazalendo
  6. La mise en place d’un cadre de concertation mixte chargé du monitoring des violations imputables aux Wazalendo, jusqu’à leur désarmement.

La Coordination

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